1. Cotation des 5 items
Perte involontaire de selles moulées.
Perte involontaire de selles liquides ou pâteuses.
Émission involontaire de gaz.
Garniture, protège-slip, coton placé dans les sous-vêtements.
Restriction des activités, des sorties, des déplacements, de la vie sociale ou sexuelle.
2. Bilan initial devant une incontinence fécale
- Interrogatoire : ancienneté, type de fuites (urgence par impériosité vs suintement passif), consistance des selles, fréquence, retentissement, antécédents obstétricaux (déchirures, forceps), chirurgie ano-rectale, radiothérapie pelvienne, diabète, pathologie neurologique, traitements et laxatifs.
- Éliminer une fausse incontinence : fécalome avec fausse diarrhée de constipation, diarrhée chronique, suintement d'origine hémorroïdaire, fissuraire, fistuleuse ou d'un prolapsus.
- Examen proctologique : inspection périnéale, réflexes, toucher rectal (tonus de repos, contraction volontaire), recherche de prolapsus, de cicatrice sphinctérienne, d'une béance anale. Rectosigmoïdoscopie / coloscopie selon l'âge et les signes d'alarme.
- Explorations de 2e ligne (si échec du traitement médical ou avant geste chirurgical) : manométrie ano-rectale, échographie endo-anale (défect sphinctérien), voire IRM pelvienne / défécographie.
3. Prise en charge par paliers
- Régime pauvre en résidus (riz, pâtes, viandes/poissons grillés) : diminue la fréquence des selles et les rend moins liquides ; régimes sans lactose/fructose/FODMAPs déconseillés en auto-médication.
- Hygiène défécatoire : transit régulier, selles moulées, évacuation en une fois sans différer ; suppositoire ou petit lavement pour optimiser la vidange rectale.
- Si transit fréquent et liquide : pansement intestinal (diosmectite) ou freinateur de l'intestin (lopéramide) ; charbon pour ballonnements et flatulences.
- Calendrier des selles pendant 2 à 3 semaines (nombre de fuites et d'impériosités par jour), soins cutanés, protections.
- Rééducation avec biofeedback auprès d'un kinésithérapeute ou d'une sage-femme spécialisés (contraction volontaire guidée par supports visuels et/ou auditifs) : bonne efficacité démontrée dans beaucoup de cas.
- TENS (stimulation transcutanée d'un nerf de la jambe, à domicile) : technique encore en cours d'évaluation, effet suspensif nécessitant des séries répétées.
- Réparation sphinctérienne directe (sphinctérorraphie) : en cas de rupture du sphincter avec béance (le plus souvent déchirure obstétricale), surtout si la déchirure est récente.
- Neuromodulation des racines sacrées : indiquée dans le trouble de la commande nerveuse (sphincters présents et anus fermé). Indication validée en réunion de concertation pluridisciplinaire (HAS) ; phase de test de 2 à 3 semaines avec électrode et boîtier externe — test positif si diminution d'au moins 50 % des fuites — puis implantation du stimulateur définitif (durée de vie ≈ 10 ans).
- Techniques abandonnées : sphincter artificiel et graciloplastie. En cours d'étude : sphincter magnétique, thérapie cellulaire (greffe de cellules musculaires).
- Stomie de dérivation : cas extrêmes, rares, à la demande du patient lui-même après échec de tout le reste.
- Traiter une cause associée : prolapsus rectal, hémorroïdes, fistule, tumeur.
Références
SNFCP — Société Nationale Française de Colo-Proctologie. Incontinence fécale (fiche d'information maladies) : snfcp.org/informations-maladies/constipation-et-incontinence/incontinence-fecale/
Jorge JM, Wexner SD. Etiology and management of fecal incontinence. Dis Colon Rectum 1993;36(1):77-97 — score de Wexner (Cleveland Clinic Incontinence Score), 5 items cotés de 0 à 4, total 0-20.
Fiche SNFCP (consultée le 17/09/2026) : régime pauvre en résidus, diosmectite/lopéramide, vidange rectale par suppositoire ou petit lavement, calendrier des selles 2-3 semaines, biofeedback, TENS en évaluation, sphinctérorraphie, neuromodulation sacrée (test 2-3 semaines, succès ≥ 50 %, RCP pluridisciplinaire selon la HAS), seuils > 5 / ≥ 9 / > 11 sur 20 ; sphincter artificiel et graciloplastie abandonnés.
Le score de Wexner est un outil d'évaluation de la sévérité et du suivi thérapeutique ; il ne constitue pas à lui seul une indication opératoire.